Le webinaire AREN est organisé dans le cadre conjoint du Programme de Recherche « Dispositifs, ressources et usages numériques » du CREAD (Centre de Recherche sur l’Éducation, les Apprentissages et la Didactique) et du séminaire de recherche du Master 2 TEF (Technologies pour l’Éducation et la Formation, Université Rennes 2), en partenariat avec le Groupement d’Intérêt Scientifique Marsouin.
L’édition 2026 du webinaire poursuit la thématique initiée l’année dernière et focalise son attention sur les usages de l’Intelligence Artificielle Générative en éducation et formation (plus particulièrement dans les champs de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de l’enseignement scolaire), à travers les interventions de chercheurs et chercheuses dont les terrains d’enquête se situent en France, en Belgique et en Suisse.
Les trois séances du webinaire 2026 se dérouleront les vendredis 20 mars, 24 avril et 26 juin de 9h30 à 12h15.
Le webinaire AREN est coordonné par Julie Denouël (MCF HDR, CREAD - Université Rennes 2) et Agnès Grimault-Leprince (PU, CREAD - INSPE - Université de Bretagne Occidentale).
Séance du 20 mars : Usages de l’IAG dans le champ de la formation professionnelle
9h30-10h45 > CHRISTOPHE JEUNESSE - Professeur en Sciences de l’Éducation et de la Formation, CREF (Centre de Recherches Éducation et Formation), Université de Nanterre.
Reconfigurations des pratiques cognitives des usagers de l’Intelligence Artificielle Générative conversationnelle : entre apprentissages et désapprentissages.
L’intégration des IA génératives dans les environnements professionnels dépasse le cadre d’une simple innovation technique : elle transforme en profondeur les manières de penser, d’agir et d’apprendre des salariés.
Aussi nous intéresserons-nous aux processus d’apprentissage et de désapprentissage observés chez les usagers de l’IAGen, mais également à leurs dynamiques motivationnelles et expériences émotionnelles. L’analyse proposée s’appuiera principalement sur la littérature scientifique, mais aussi sur les débuts d’une recherche menée auprès de différentes organisations (entreprises, organismes publics, etc.). Nous analyserons ces phénomènes au prisme d’un cadre d’observation des usages de l’IAGen : prothèse/orthèse/auxèse.
11h-12h15 > ELEONORE VRILLON - Maîtresse de Conférences en Sciences de l’Éducation et de la Formation, Laboratoire ECP (Éducation, Cultures et Politiques), Université Lumière Lyon 2.
Les évolutions du travail d’ingénierie pédagogique sous l’effet de l’apparition des IAG
En s’appuyant sur la sociologie des usages (Jouët, 2000) et la sociologie du numérique au travail (Benedetto-Meyer et Boboc, 2021), cette intervention présente de premiers résultats d’une enquête qualitative portant sur les évolutions du travail suscitées par l’apparition des Intelligences artificielles Génératives (IAG) d’une équipe pédagogique d’un organisme de formation professionnelle (OF). Grâce aux entretiens réalisés auprès des six salariés, interrogés une première fois en 2022 puis réinterrogés en 2025 et à une analyse documentaire, nous présenterons d’abord les évolutions organisationnelles de l’activité pédagogique de l’OF puis les évolutions professionnelles des ingénieurs pédagogiques (situations professionnelles, nature et intensité des usages des IAG.
Séance du 24 avril : Usages de l’IAG dans le champ de l’enseignement supérieur
9h30-10h45 > ANNE SOPHIE COLLARD - Pr. en Sciences de l’Information et de la Communication. CRIDS
(Centre de Recherche Information, Droit et Société), Université de Namur.
Quel avenir pour les projets de recherche des étudiants avec l’IA générative ?
Cette communication prend forme dans le contexte de l’enseignement supérieur belge. L’intelligence artificielle (IA) générative s’est rapidement intégrée dans les pratiques des étudiants, en particulier lorsqu’il s’agit de réaliser un travail évalué. La première réponse des enseignants de l’Université de Namur a été de vouloir définir un cadre en précisant les usages permis ou non, tout en se voulant à l’avant-garde des innovations. Les contours de ce qui est acceptable ne sont pas évidents à cerner et l’adaptation des consignes face aux évolutions semble être sans fin. Comment dès lors repenser l’enseignement, les consignes des travaux et les compétences à acquérir ? Cette question est au cœur de notre réflexion, croisant le positionnement institutionnel, les préoccupations des enseignants et les usages imaginés par les étudiants pour apprendre la démarche scientifique avec l’IA générative.
11h-12h15 > CEDRIC FLÜCKIGER - Professeur en Sciences de l’Éducation et de la Formation, CIREL
(Centre Interuniversitaire de Recherche en Éducation de Lille), Université de Lille.
Écrire, savoir, déléguer ? Reconfigurations de la littératie universitaire à l’ère de l’IA générative
L’essor des systèmes d’IA générative transforme les pratiques ordinaires d’écriture et de lecture dans l’enseignement supérieur. Nous discuterons de comment les systèmes d’IA génératives reconfigurent les normes implicites de la littératie universitaire : autonomie, fiabilité, légitimité et posture d’auteur. Dans une perspective de littératie universitaire, il s’agit de comprendre les formes de délégation, de négociation et de justification que développent les étudiants. L’ IAG apparaît ainsi moins comme une rupture externe que comme un révélateur des dimensions épistémiques et normatives qui structurent les pratiques d’écriture académique.
Séance du 26 juin : Usages de l’IAG dans le champ scolaire
9h30-10h45 > LIONEL ALVAREZ - Professeur tit. did., Laboratoire CACY (Capabilités et perspectives Cyborg), Faculté des Sciences de l’Éducation et de la Formation, Université de Fribourg.
Les IA en éducation, une énième promesse technique avec une puissance de pénétration particulière ?
Lorsqu’il s’agit d’intelligence artificielle, les narratifs technosolutionnistes vont bon train pour nourrir les espoirs d’une école pour tou·te·s. Toutefois, les promesses ne se traduisent pas systématiquement par des faits. Il s’agira tout d’abord de faire un bref état de la littérature scientifique sur ce point, de discuter ensuite du pouvoir de pénétration des IA malgré l’absence de résultats probants, puis d’analyser leurs portées à la lumière de l’approche par les capabilités. En simple, qui est mis en capacité d’atteindre ses objectifs avec ces technologies ?
11h-12h15 > RAWAD CHAKER - Maître de Conférences HDR en Sciences de l’Éducation et de la Formation, Laboratoire ECP (Éducation, Cultures et Politiques), Université Lumière Lyon 2.
Les processus d’appropriation des outils d’IA par les enseignants
Comment les enseignants s’approprient-ils réellement les outils d’IA dans leurs pratiques quotidiennes ? C’est à cette question que cherche à répondre le GTnum ApproprIA. De mars à décembre 2025, le projet s’est intéressé à l’identification des projets éducatifs intégrant l’IA. Cette étape a permis de produire une double cartographie : celle des projets financés dans le cadre des dispositifs nationaux (comme les P2IA), et celle, moins visible mais tout aussi dynamique, des initiatives personnelles développées par les enseignants eux-mêmes. Au-delà de la cartographie des projets, le GTnum s’intéresse aux pratiques effectives en classe. La prochaine phase, centrée sur des entretiens d’explicitation et des observations de classe, permettra d’aller plus loin dans l’analyse des pratiques afin de mieux comprendre la fonction et le sens donné à ces outils dans l’orchestration pédagogique des enseignants.
