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Accueil > Publications > Publications de l’observatoire de M@rsouin > Synthèse de l’enquête ménages 2003.

OPSIS. Enquête usage des TIC par les bretons

Synthèse de l’enquête ménages 2003.

mercredi 29 octobre 2003 , par Nicolas Jullien

Présentation et résultats de l’enquête ménage réalisée en décembre 2002.

En plus de récolter les chiffres clefs de l’usage des TIC en Bretagne, les chercheurs de Marsouin ont essayé de tester un certain nombre d’hypothèses sur les détermimants de l’usage d’Internet [1]. Ce sont ces résultats qui sont présentés dans le texte ci-dessous.

Notons que les résultats trouvés sont proches de ceux de l’enquête nationale du CREDOC, réalisée à la mi-2003. (Le site du CREDOC, l’enquête).

La position de la Bretagne dans la "Société de l’Information" : dans la moyenne nationale.

La Bretagne occupe une position particulière vis-à-vis des TIC : selon les classements, c’est la deuxième ou la troisième région en France pour l’importance de la recherche et de la production industrielle en TIC. Cela en devrait favoriser l’usage. D’un autre côté, c’est une région où le niveau de vie se situe légèrement en dessous de la moyenne nationale et relativement rurale, deux facteurs liés défavorablement à l’usage des TIC.

Équipement.
Ménages équipés d'au moins un ordinateur41%
Personnes disposant d'un GSM66%
Utilisateurs d'Internet.
Personnes ayant utilisé Internet dans l'année38%
Personnes ayant utilisé Internet dans le mois32%
Étudiants/élèves ayant utilisé Internet dans l'année76%
Accès Internet des ménages.
Ménages disposant d'un accès Internet26%
Ménages disposant d'un accès Internet haut-débit4%

Sur les principaux indicateurs (possession d’un ordinateur, usage d’Internet), on constate que notre région n’est ni en retard, ni en avance pour la Société de l’Information : En effet, 41% des ménages bretons sont équipés d’un ordinateur fixe ou portable et 26% possèdent une connexion Internet à domicile. Si l’on compare ces chiffres avec les résultats d’une étude récente de l’IDATE [2] on obtient des pourcentages de, respectivement 40% et 22% au niveau national, en ligne avec les autres études disponibles [3].

Pour améliorer ces résultats, il faudrait faciliter l’accès aux populations qui sont connues pour être plus éloignées d’Internet : personnes de plus de 65 ans, avec un niveau d’étude inférieur au bac, habitant dans une zone rurale, femmes [4], etc.

Ainsi, on peut lier les différences départementales d’accès à Internet aux structures de population dans chaque département : urbaine/rurale, cadre/non cadre. Par contre, les différences socio-économiques apparaissent moins nettement : par exemple, les femmes internautes ont des niveaux d’usage sensiblement identiques à ceux des hommes.

Les usages.

Sans surprise, les principaux usages d’Internet restent le courrier électronique (80% des utilisateurs l’utilisent) et la recherche d’information (69% des internautes). Mais il s’agit d’information ciblée, soit sur l’actualité, soit sur les activités de loisir (culture, voyage).

On constate une complémentarité assez fortes entre l’adoption d’Internet et la possession de nombreux équipements de haute technologie comme un appareil photo numérique, un lecteur DVD, un téléphone portable ou un ordinateur de poche. Mais les estimations permettent de rejeter l’hypothèse d’une substituabilité entre l’usage de l’Internet et l’usage de la télévision ou des jeux vidéos (aucun lien significatif).

Quelques enseignements plus originaux peuvent cependant être tirés de cette étude. D’abord, une confirmation : Internet devient un support très important dans la recherche d’emploi (24% des internautes l’ont utilisé pour rechercher un emploi en 2002). Ensuite, les usages ne semblent pas très différents suivant le lieu où ils sont réalisés (sur le lieu de travail ou d’étude ou à domicile). Enfin, si les services de discussions en direct (chats, irc,...) sont moins systématiquement utilisés, il y a quand même 17% des internautes à domicile et 11% des utilisateurs sur leur lieu de travail ou études, qui ont affirmé les avoir utilisés.

Concernant l’achat en ligne, la part des acheteurs en ligne, 25% des internautes, est comparable à celle de la France (30% dans l’enquête IDATE). Contrairement à ce que nous avons observé pour l’adoption d’Internet, il semble, ici, que la profession et l’age soient très peu significatifs. Seule la CSP ouvrier joue négativement sur la probabilité d’acheter en ligne, alors que des études supérieures ont un effet positif. La localisation du ménage n’a pas non plus d’impact sur les comportements d’achat (on retrouve la plus faible détermination sociale des usages des internautes que de l’usage ou du non-usage d’Internet).

D’autre part, la probabilité d’achat d’un internaute est d’autant plus élevée que ce dernier est "entouré" d’autres internautes, eux-mêmes acheteurs. Cette relation est par ailleurs très significative et robuste, quelles que soient les spécifications du modèles. Les comportements d’achats en ligne suivraient donc une logique de diffusion de proche en proche, par effet de contagion.

Une multiplicité des lieux d’accès.

Pour favoriser l’usage, une des politiques possibles est de favoriser l’accès. Deux points confirment ceci dans notre enquête.

Lieux d'accès à Internet.
Personnes accédant à Internet depuis le domicile26%
Population active accédant à Internet au travail20%
Personnes utilisant les points d'accès publics2%

Tout d’abord, l’accès ne se fait pas uniquement à partir du domicile : si 38% des personnes interrogées ont utilisé Internet en 2002, seulement 26% l’ont fait de chez elles. D’autre part, la proportion des bretons qui utilisent les Points d’Accès Publics à Internet n’est pas nulle (2% de la population).

Enfin, l’effort d’équipement des collèges, des lycées et des universités fait par les collectivités locales explique peut-être la proportion très importante des scolaires et des étudiants qui utilisent Internet : 76% des scolaires-étudiants interrogés ont utilisé Internet dans l’année [5] ! Cela rend compte en partie de la grande proportion des jeunes qui utilisent Internet et de la forte utilisation sur le lieu d’étude (surtout si on la compare à l’utilisation au travail dans les populations plus âgées).

Cependant, le principal lieu d’accès à Internet reste le domicile et c’est sans doute en développant cet usage qu’on développera l’accès à Internet. On constate notamment que ce sont les foyers avec des enfants qui ont le plus un accès à Internet (ce qui ne veut cependant pas dire que les parents utilisent cet accès) [6].

Aider la connexion à domicile.

Si l’on considère l’ensemble des personnes qui ont utilisé Internet au cours des derniers 12 mois, nous voyons que seulement 26% l’utilisent au travail, contre 67% à domicile.

Trois éléments peuvent favoriser le développement de l’usage d’Internet, en dehors de la subvention à l’accès (achat d’ordinateurs) :

- les personnes peuvent apprendre l’usage d’Internet au travail ou à l’école, pour le pratiquer ensuite à la maison ;

- des formations peuvent aider les non-accédants à franchir le pas ;

- l’amélioration de l’offre notamment avec la diffusion de la connexion permanente (grâce à l’ADSL, le plus souvent).

Sur le premier point, les résultats de notre sondage ne nous permettent pas de conclure. Nous pouvons seulement noter que parmi les internautes, seulement 8% se connectent à la fois à domicile et au travail. D’un autre coté, ces deux types d’usages semblent substituables, puisque 60% des utilisateurs sur le lieu de travail ne l’ont pas utilisé à domicile.

Sur le deuxième point, il est certain que des efforts pourraient être entrepris.

Formation.
Personnes formées à l'informatique(dans l'année ou avant)36%
Personnes formées à Internet (dans l'année ou avant)10%

Car finalement peu de personnes ont reçu une formation à l’informatique, sans parler d’Internet. Il y a là sans doute un rôle à jouer pour les points d’accès publics, à condition que cette offre de formation soit moins sur les outils que sur les services qu’ils peuvent rendre [7].

Mais ce qui devrait le plus développer les usages semble être le troisième facteur, le développement de la connexion permanente. En effet, si le pourcentage des ménages connectés en Bretagne atteint 25%, la plupart parmi eux, n’a pas une connexion permanente (13%) mais seulement a une connexion par modem téléphonique (87%). Et parmi ces 87%, 77% d’entre eux comptent passer à une connexion permanente (ADSL ou câble). Au total, en considérant l’ensemble des ménages, 22% nous ont affirmé vouloir faire l’acquisition d’une connexion permanente.

Il est aussi intéressant de constater qu’aujourd’hui l’ordinateur se conçoit difficilement sans connexion à Internet : 66% des ménages possédant un ordinateur à la maison sont déjà connectés ou ont l’intention d’acheter une connexion (60% sont déjà connectés). Plus remarquable, parmi les ménages qui n’ont pas d’ordinateur, 7% comptent en acheter un, et environ 2/3 de ceux-ci ont aussi l’intention d’acheter une connexion Internet [8].

Conclusion.

Pour conclure, nous insisterons sur le point suivant : les déterminants des comportements d’adoption de l’Internet diffèrent de ceux des comportements d’achat en ligne.

Ce résultat est intéressant en termes de politiques publiques. Ces dernières se sont trop souvent focalisées sur la stimulation de l’adoption d’Internet, l’idée étant que les usages suivraient. Mais, on voit bien que la diffusion de certains usages sur Internet (comme par exemple le commerce électronique) ne va pas toujours de soi et nécessite des politiques publiques plus ciblées. Nous avons vu en particulier que pour l’usage marchand, la nature du voisinage social ou le type d’encastrement social de l’internaute jouait un rôle clé, via des effets de confiance et d’apprentissage. Les pouvoirs publics pourraient sans doute renforcer ses effets, en réduisant les risques perçus par les internautes vis à vis du commerce électronique.

Le lien vers l’étude complète : document en PDF.

Notes

[1Sondage réalisé auprès de 2000 personnes, de 15 ans et plus, résidantes en Bretagne. Collecte : décembre 2002 (sauf mention contraire, les % sont calculés par rapport à la population totale)

[2IDATE (Institut de l’Audiovisuel et des Télécommunications), résultats d’une enquête datant du troisième trimestre 2002, donc plus ancienne que l’enquête de Marsouin (ce qui peut expliquer le décalage dans la possession d’ordinateurs).

[3Par exemple les sondages Mediamétrie, http://www.mediametrie.fr/web/, ou l’enquête du CREDOC déjà citée.

[440% des bretons contre seulement 30% des bretonnes ont utilisé Internet au cours des 12 derniers mois.

[5Rappelons que ce sondage ne considère que les personnes qui ont plus de 15 ans.

[6Les ménages de plus de 5 personnes ne sont pas pris en compte dans ce graphique car le nombre de ménage interrogé n’est pas significatif.

[7Comme l’a montré l’enquête de Marsouin sur les cybercommunes, disponible sur ce même site.

[8Il faut faire attention à la fiabilité de ces données. En parlant de 7% des ménages qui n’ont pas ordinateur, on travaille avec un nombre de réponses faible (75 ménages) pour garantir la fiabilité des résultats. Grâce aux enquêtes prévues pour cette année 2004 on pourra tester s’il y a effectivement eu une croissance de 7% des ménages possédant un ordinateur.



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