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Cahier 1-2006

[Cahier de recherche] Du temps GMT au temps BMT : une interprétation de l’échec de l’Internet Time au regard de l’épistémologie réaliste critique.

mardi 31 janvier 2006 , par Bertrand Urien, Philippe Naccache

Mots clefs : temps social, temps Internet, épistémologie, épistémologie réaliste critique, Swatch, temps dominant.

RÉSUMÉ.

En 1998, le célèbre groupe horloger Swatch souhaite réaliser une révolution temporelle en lançant le SIT (Swatch Internet Time) encore qualifié de temps BMT (Biel Mean Time). L’ambition est de supplanter le temps GMT, et plus généralement la conception classique du temps de l’horloge. Sept ans plus tard, force est de constater que le temps BMT ne s’est pas imposé. Dans le cadre de cet article nous souhaitons avancer l’idée que le temps en tant que construit social s’origine à un niveau de réalité épistémologique qui n‘a pas été pris en considération par Swatch. De manière plus générale, et au travers de cet exemple, nous essaierons par une analyse épistémologique réaliste critique d’identifier les raisons pour lesquelles le « Swatch Internet Time » n’est pas aujourd’hui en mesure de s’imposer. Nous montrerons que faire évoluer le temps dominant requiert une approche plus complexe, qui prenne en compte l’origine de l’expérience humaine et ne reste pas à la surface de la réalité sociale de celle-ci.

ABSTRACT.

In 1998, the famous clock making group Swatch wishes to carry out a temporal revolution, while launching the SIT (Swatch Internet Time) still qualified BMT (Biel Mean Time). The ambition is to supplant GMT Time, and more generally the traditional design of clock time. Seven years later, force is to note that time BMT was not essential. Within the framework of this article, we wish to advance the idea that time, as a social construct, has epistemological roots which were not taken into account by Swatch. In a more general way, and through this example, we will try, by a critical realist perspective, to identify the reasons why "Swatch Internet Time" is not able today to impose itself. We will show that to make evolve the dominating time, it requires a more complex approach which takes into account the origin of the human experience and does not remain on the surface of the social reality of this one.

Keywords : social time, Internet time, epistemology, critical realist perspective, Swatch.

Introduction.

Sur le principe, il s’agit tout bonnement de remplacer le temps de référence universel GMT (ou UTC) par un nouveau temps de référence, un temps Internet : le BMT (pour Biel Mean Time, Biel étant la ville suisse, siège social de Swatch). La proposition du groupe Swatch est de diviser la journée de 24 heures en 1000 beats (notée sur une échelle de @000 à @999). Le nouveau méridien est celui de la ville suisse Biel (ou Bienne). Une journée de temps Internet débute à @000 BMT sur toute la planète (et à minuit, heure de Biel dans l’ancien système). La nouvelle unité de ce temps Internet, le beat, correspond à 1mn et 26,4 secondes.

En dépit d’un lancement en fanfare (inauguré notamment par le directeur du laboratoire des médias du MIT) et du soutien « d’entreprises complémentaires » (par exemple, le suédois Ericsson avait initialement adopté l’Internet time sur une gamme de téléphones mobiles et Apple présentait le modèle PowerBook G3 également avec le Swatch Internet Time), l’on peut considérer que la révolution temporelle annoncée par Swatch a subi un revers dans un contexte pourtant propice à des changements radicaux. Et il en fut de même des essais similaires concernant le NET (New Earth Time) ou le GET (Greenwhich Electronic Time). S’agit-il uniquement de problèmes techniques ou de problèmes beaucoup plus profonds relatifs à la représentation même du temps ?

Dans le cadre de cet article nous souhaitons avancer l’idée que le temps en tant que construit social s’origine à un niveau de réalité épistémologique qui n‘a pas été pris en considération par Swatch. De manière plus générale, et au travers de cet exemple, nous essaierons par une analyse épistémologique réaliste critique d’identifier les raisons pour lesquelles le temps Internet n’est pas aujourd’hui en mesure de s’imposer. Nous montrerons que faire évoluer le temps dominant requiert une approche plus complexe, qui prenne en compte l’origine de l’expérience humaine et ne reste pas à la surface de la réalité sociale de celle-ci.



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