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Accueil > Publications > Publications de l’observatoire de M@rsouin > Synthèse de l’enquête 2005 auprès des résidentiels.

OPSIS. Enquête usage des TIC par les bretons

Synthèse de l’enquête 2005 auprès des résidentiels.

lundi 9 mai 2005 , par Jocelyne Trémenbert, Nicolas Jullien

Présentation et résultats de l’enquête sur les usages des technologies de l’information réalisée en décembre 2004 auprès d’une population représentative des bretons.

Ces résultats seront repris dans le ’panorama des usages des TIC en Bretagne’ que nous publierons avec la Région Bretagne en décembre 2005 et qui sera disponible en version électronique et en version papier.

En plus de récolter les chiffres clefs de l’usage des TIC en Bretagne, nous nous sommes particulièrement intéressés cette année au non-usage.

Nous présentons dans cet article les premiers résultats de notre analyse, basée sur un sondage réalisé auprès de 1993 personnes, de 15 ans et plus, résidantes en Bretagne. Collecte : décembre 2004, par téléphone.

(Sauf mention contraire, les % sont calculés par rapport à la population totale).

Les indicateurs.

décembre 2004décembre 2003décembre 2002
Équipement.
Ménages équipés d’au moins un ordinateur56%44%40%
Utilisateurs d’Internet.
Personnes ayant utilisé Internet dans l’année53%44%36%
Personnes ayant utilisé Internet dans le mois46%39%32%
Étudiants/élèves ayant utilisé Internet dans l’année76%71%42%
Accès Internet des ménages.
Ménages disposant d’un accès Internet40%29%25%
Ménages disposant d’un accès Internet haut-débit18%9%4%

Les bretons et leurs usages.

L’utilisation d’Internet.

La diffusion de l’usage d’internet continue à un rythme élevé : +9 points par rapport à l’année dernière, +17 points sur deux ans. Maintenant, plus d’un Breton sur deux (53%) a utilisé Internet au moins une fois dans les 12 derniers mois (tous types d’utilisations confondus, que ce soit à son domicile, à son travail, sur son lieu d’étude ou encore dans un point d’accès public).

Mais gardons à l’esprit que cette utilisation reste très liée à l’âge et la catégorie socio-professionnelle de la personne alors que le sexe ou le lieu d’habitation ne sont plus aussi discriminants qu’il y a quelques années.

La fréquence et les lieux d’utilisation d’Internet.

46% des bretons ont utilisé Internet dans le mois et 24% l’utilisent régulièrement (quasiment tous les jours) ce qui confirme l’appropriation durable des usages constatée l’année dernière.

Les bretons surfent plutôt à leur domicile, mais les deux tiers des utilisateurs réguliers à domicile sont aussi des utilisateurs réguliers au travail.

Lieux d’utilisation d’Internet (12 derniers mois) [1]

. Rapporté aux Bretons Rapporté aux internautes
Domicile 38% 71%
Lieu de travail ou d’étude 28% 53%
Point d’accès public (PAPI, cyber-commune, cybercafé...) 7% 12%
Chez des amis, un voisin ou un membre de la famille 21% 40%

C’est avant tout pour s’informer puis pour communiquer que l’internaute se sert d’Internet. Mais des services de type administratifs ou financiers commencent à émerger avec 41% des internautes qui consultent ou effectuent des opérations bancaires par le net et 34% qui utilisent des télé-services administratifs. On ne note pas de grand changement au niveau des acheteurs en ligne de biens ou services (toujours de l’ordre de un internaute sur trois).

Utilisation des services (rapportée aux internautes).

. Utilisation 3 derniers mois Utilisation hebdomadaire Différence entre les fréquences.
Le courrier électronique 70% 54% 16 pts
Le webmail 55% 38% 17
Les newsletters (ou listes de diffusion) 30% 15% 15
La messagerie instantanée (comme ICQ ou MSN) 34% 20% 14
La discussion en direct (chat) 25% 11% 14
Les moteurs de recherche(Google, Altavista ...) 81% 54% 27
La webcam 18% 6% 12
Les achats en ligne de biens ou de services 33% 7% 26
La recherche d’informations sur l’actualité 64% 26% 38
La recherche d’informations culturelles 70% 28% 42
La recherche d’informations sur les loisirs / voyages 63% 19% 44
La recherche d’informations sur la santé 45% 10% 35
La recherche d’informations en relation avec la profession-les études 62% 34% 28
Les jeux en ligne 16% 5% 11
L’utilisation des télé-services administratifs 34% 6% 28
Les consultations ou les opérations bancaires 41% 28% 13
La consultation de vidéo en ligne 13% 3% 10
Le téléchargement de fichiers de musique (MP3) 19% 6% 13
Le téléchargement de films 9% 3% 6
écouter la radio ou regarder la télévision sur le Web 15% 5% 10

Le commerce électronique.

La pratique régulière de l’e-commerce concerne un tiers des internautes (nous n’avons malheureusement pas le chiffre des internautes ayant acheté au moins une fois en ligne dans l’année), donc les comparaisons avec les chiffres de l’année précédente ne sont pas possibles.

La pratique de l’e-commerce ne dépend guère du département, de la localisation de l’habitat et encore un peu du sexe et de l’âge. Cependant, le diplôme (un peu plus d’un acheteur sur deux chez les internautes de niveau bac +5 ou plus, seulement 20% pour les personnes de niveau BEPC ou moins) et le niveau de vie perçu apparaissent même comme les facteurs les plus discriminants.

La raison principale pour acheter en ligne est ’la facilité pour effectuer la commande et se faire livrer’ (31%), avant ’les prix plus avantageux’ (27%). Notons quand mêm que 71% des répondants déclarent avoir l’habitude de comparer les prix sur Internet.

Produits et services achetés sur Internet.

(rapporté aux acheteurs en ligne)

Films, musique, vidéo ... 42% Livres, magazines, matériels d’apprentissage 41%
Matériel informatique 31% Voyages et locations de vacances 29%
Vêtements et articles de sport 28% Logiciels et jeux informatiques 26%
Équipement électronique, photo ou vidéo 19% Tickets de concert, de théâtre... 12%
Produits financiers, actions, assurances 7% Accès à des sites à contenu payant 5%
Loteries, jeux en ligne 4% Alimentation et épicerie 2%

Il n’y a pas vraiment de surprise sur le palmarès des produits les plus achetés. On y retrouve dans les premières positions des biens culturels de grande consommation tels que les films, les CD, DVD, livres et magazines ..., puis le matériel informatique et les voyages. Mais il semblerait qu’une nouvelle catégorie de produits : les vêtements et articles de sport, est en train de faire son entrée.

Les non-connectés.

Même s’il est intéressant de savoir quels usages d’Internet se développent, une interrogation première des politiques publiques est de comprendre la non-connexion.

Nous avons réalisé une analyse des données disponibles, en essayant de déterminer des profils de non-internautes.

Nous les avons classés/discriminés suivant leur ’fréquentation’ de l’informatique et d’Internet : possession (ou non) d’une connexion à Internet à domicile, possession (ou non) d’un ordinateur au domicile, entourage (famille, amis, etc.) utilisant ces technologies, intention (ou non) d’utiliser et même de se connecter. En variables ’illustratives’ (n’intervenant pas dans la constitution de ces sous-familles de non-internautes), nous avons les caractéristiques socio-professionnelles de la personne et de son foyer (CSP, mais aussi présence d’enfants dans le foyer, etc.)

Les résultats nous permettent d’esquisser six profils, six groupes différents de non-internautes.

On va voir que l’appétence vis-à-vis de l’utilisation d’Internet est croissante avec le niveau de ’capital social’ (entourage connecté, capacités financières et niveau d’éducation initial).

1. Ceux qui vont s’y mettre.

C’est une classe isolée des autres, qui représente 5% de la population. Ce sont les personnes déjà connectées à leur domicile, qui ont fortement l’intention d’utiliser. On peut presque considérer que si l’enquête avait été faite un peu plus tard, elles auraient été dans les internautes.

Ces personnes sont plutôt jeunes (30-45 ans), ont un niveau d’étude plutôt supérieur au bac. Enfin, leur entourage est plutôt connecté.

2. Ceux qui devraient s’y mettre.

Regroupant deux classes (et 14% de notre population), c’est la population des personnes qui ont des rapports réguliers avec Internet, mais qui ne l’utilisent pas, sans doute parce qu’elles n’ont pas trouvé de raison suffisante de le faire, ou d’aide pour diminuer l’effort d’apprentissage à fournir.

2.1 Les résistants.

Ils représentent 8% de la population.

Ce sont des personnes qui ont un ordinateur, dont le foyer est bien équipé en technologies numériques, dont l’entourage est (très) utilisateur d’Internet. Ce sont plutôt des cadres, typiquement avec un enfant.

Bref, elles ont toutes les caractéristiques des populations internauphiles... et résistent. Sans doute qu’elles n’ont pas trouvé d’utilisation intéressante à leurs yeux. Mais elles ont toutes les informations pour se connecter quand elles le jugeront utile.

2.2 Les volontaires.

Ils représentent 6% de la population.

Ces gens là ont déjà chez eux un ordinateur et une connexion, sont relativement jeunes (30-45 ans typiquement), possèdent dans leur foyer des technologies numériques, ont des enfants, ..., et ont l’intention de se connecter. Sans doute, pour certains, pour ne pas rester à la traine des enfants, ou parce que à travers eux, ils ont perçu l’intérêt de le faire.

Cette intention se matérialisera-t-elle ? Elles ont moins de capital social que les résistants (notamment au niveau de l’entourage), mais plus de volonté...

3. Ceux qui sont loin de s’y mettre.

Regroupant 80% des non-internautes, ces trois autres classes regroupent ceux qui apparaissent comme bien loin d’utiliser un jour Internet, pour différentes raisons, que l’on pourrait résumer en disant qu’elles n’ont pas le capital social (en terme de ressources financières, en terme de relations, en terme de formation) pour pouvoir utiliser l’outil.

Considérant le poids de ces trois classes, on peut s’interroger sur la possibilité que le taux de pénétration d’Internet dépasse un jour les 65% de la population. Cela d’autant plus qu’on constate dans d’autres régions (par exemple en Walonnie) que le taux d’équipement des ménages sature à moins de 60% des ménages équipés.

Les deux premières classes que nous présentons sont proches.

3.1 Les exclus socio-économiques.

Ces personnes, représentant 10% de notre population, sont plutôt sans diplôme, ont une vie qu’ils perçoivent comme économiquement difficile, n’ont pas d’enfant (ou un seul), souvent personne ou peu de personnes dans l’entourage qui utilisent ces technologies. De toute façon (et c’est ce qui ressort le plus), elles perçoivent celles-ci comme trop compliquées.

3.2 Les exclus de génération.

Ces personnes représentent 28% de notre population.

Présentant globalement le même profil que les personnes de la classe précédente, elles s’en distinguent par une population plus vieille (65 ans et plus), plus retraitée, avec encore moins de personnes connectées dans l’entourage. Néanmoins les personnes appartenant à cette classe affirment moins le caractère compliqué de l’informatique pour expliquer leur non usage.

3.3 Les indifférents.

Cette classe regroupe 43% de notre population.

Peu de facteurs ressortent pour la définir, si ce n’est leur indifférence vis-à-vis d’Internet. On peut seulement espérer les voir, au fur et à mesure de la diffusion de cet outil, prendre conscience de son intérêt, grâce aux enfants, pour ceux qui en ont, ou grâce à l’entourage.

L’équipement des foyers bretons.

Le téléphone mobile.

73% des foyers bretons déclarent posséder au moins un téléphone mobile, taux très proche de l’année précédente. Il n’y a donc pas particulièrement de nouveaux foyers utilisateurs. En revanche on assiste sans doute à un renouvellement des téléphones et à la diffusion des mobiles multimedia, capables de recevoir ou d’envoyer des photos, des courriers électroniques ou même d’écouter de la musique : ils seraient déjà présents dans presque un foyer sur 5 (ce qui ne veut pas pour autant dire que les fonctions multimédia soient utilisées !)

Les technologies numériques (hors informatique).

74% des foyers bretons possèdent au moins un de ces équipements et même 15% ont au moins la moitié des ces technologies (les « technophyles »).

On retrouve une forte hétérogénéité dans l’évolution des taux d’équipement, les hausses les plus spectaculaires par rapport à décembre 2003 sont celles du lecteur DVD (+12 points) et celle de l’appareil photo numérique (+6 points) [2]. À noter toutefois qu’il reste quand même une proportion de « technophobes », ne possédant aucun de ces technologies, de 26%.

L’ordinateur.

Fin 2004, 56% des foyers bretons possèdent au moins un ordinateur à domicile. La Bretagne est donc bien équipée puisque le taux mesuré pour la France entière était de 45% [3] en janvier 2004 (contre 44% pour la Bretagne dans la précédente enquête M@rsouin de décembre 2003). L’écart à la moyenne française est donc plus fort que l’écart inter-régional au niveau des départements (8 points). Cet écart inter-départemental s’explique en grande partie par la composition socio-démographique des départements.

L’informatique (l’ordinateur) est aujourd’hui un bien de consommation connu et courant : 9% des ménages équipés ont l’intention de renouveler leur ordinateur et encore 7% des non équipés souhaitent s’équiper dans le courant de l’année.

Bien que ce besoin d’équipement soit à la base ressenti à 52% au niveau des adultes (qu’il soit d’origine professionnelle ou pour les loisirs ou jeux), l’ordinateur sert aussi aux enfants (dans seulement 6% des cas il ne sert qu’exclusivement aux enfants). Les foyers avec enfants restent toujours très bien équipés mais on note une certaine saturation (déjà 77% en 2003 pour les foyers avec enfants de 11 à 14 ans par exemple).

La fracture numérique.

Parmis les non équipés (encore 44% de l’ensemble des ménages, contre 46% en 2003), 54% n’en voient pas actuellement l’utilité.

Cette fracture est faible et en voie de disparition pour certains facteurs : localisation de l’habitat, département.

Elle est persistante et évoluant peu pour d’autres : catégorie socio-professionnelle de la personne de référence (84% des foyers de cadre sont équipés, 80% pour les professions intermédiaires contre 67% pour les employés, 55% pour les ouvriers et 28% pour les retraités).

La connexion à Internet.

40% des foyers sondés sont connectés à Internet (près de 70% des foyers équipés en ordinateur sont connectés). La diffusion d’Internet a été très soutenue puisque cela fait une évolution de 11 points par rapport à l’année précédente. Là encore, les écarts d’un département à l’autre sont faibles et reflètent plus les différences socio-démographiques qu’un particularisme départemental.

Les ménages les plus aisés, les plus diplômés et surtout les couples ayant des enfants sont et restent à ce jour les mieux équipés. On retrouve aussi toujours un écart de génération.

La progression fulgurante du haut-débit.

18% des foyers déclarent être connectés à haut débit contre 8% pour l’année précédente. Le haut débit a presque rattrapé le bas débit.

On constate que les nouveaux connectés se tournent directement vers ce type de connexion (62% des connectés depuis moins d’un an le sont en haut débit et même 82% des moins de 3 mois). Mais il reste quand même 31% de ménages qui ne savent pas si ils ont la possibilité dans leur commune de se connecter à Internet à haut débit et parmi les 15% qui pensent qu’ils n’ont pas cette possibilité on retrouve une forte majorité de non connectés.

Typologie des Ménages bretons.

Cette méthode permet de classifier ou partitionner en groupes homogènes les ménages bretons, selon leurs réponses aux questions concernant leur équipement en TIC (Technologies de l’Information et de la Communication) : ordinateur et Internet, mais aussi appareil photo numérique, console de jeu, etc.

On peut alors décrire ces ménages selon leurs caractéristiques socio-économiques : catégorie socioprofessionnel de la ’personne de référence’, nombre de personne dans le ménage (notamment présence ou non d’enfants), localisation géographique (département et taille de l’agglomération urbaine)

Cela nous donne 3 classes de foyers.

Les « confirmés ».

Leur foyer est équipé d’un bon nombre de technologies telles que un lecteur DVD, un appareil photo numérique ... Ils possèdent un ordinateur et une connexion à Internet.

Ce sont le plus souvent des ménages dont une part significative de leur entourage (famille en dehors du ménage, amis, voisins, entourage professionnel) utilise aussi un ordinateur. Le profil type est plutôt un ménage dont la personne de référence est cadre vivant en grande ville avec généralement 2 voir 3 enfants si ce n’est plus.

Les « timorés ».

Ils ne possèdent qu’un téléphone mobile, parfois un équipement technologique, rarement plus, souvent un ordinateur. Mais celui-ci a peut de chance d’être connecté à Internet.

Ce sont le plus souvent des employés ou des professions intermédiaires. Cette catégorie regroupe surtout des foyers avec 1 ou 2 enfants.

Les « Réfractaires ».

Globalement ils ne sont pas attirés par la technologie. Ils n’ont même pas d’ordinateur et une grande proportion n’a même pas l’intention de s’équiper. Leur entourage n’est pas concerné non plus par la technologie.

On y trouve principalement des retraités mais aussi des ouvriers, les moins informatisés des actifs. On y retrouve aussi beaucoup de foyers petits par leur taille, sans enfants (au foyer).

Notes

[1Lecture : il s’agit ici de la répartition (exprimée en %) des fréquences d’utilisation suivant les lieux. On voit que le point d’accès public est un lieu d’utilisation occasionnelle, alors qu’au contraire, le domicile est un lieu d’utilisation régulière.

[2Rappelons à cette occasion que les enquêtes de M@rsouin sont réalisées avant la période de Noël. Les lecteurs de DVD et, dans une moindre mesure, les appareils photo numériques ont été les ’best-sellers’ de Noël 2003, ce que l’on retrouve ici.

[3Enquête permanente sur les conditions de vie des Ménages (EPCV) de l’INSEE, janvier 2004


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