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Arts et Humanités numériques : le laboratoire "Arts : Pratiques et poétiques" de l’Université Rennes 2 rejoint le Groupement M@rsouin.

lundi 21 novembre 2011 , par Nicolas Thély, Priscillia Creach

Dirigée par le Professeur Leszek Brogowski, l’équipe d’accueil Arts : Pratiques et poétiques de l’Université Rennes 2, a inscrit depuis 2008 le numérique et l’Internet comme objets d’études dans la ligne de recherche "L’œuvre et l’imaginaire à l’ère du numérique".
Professeur en arts, esthétiques et humanités numériques, Nicolas Thély a rejoint en septembre 2011, l’équipe de Rennes. Il nous parle des Humanités numériques et des raisons de l’intégration au sein du Gis M@rsouin.

Pourquoi l’équipe Arts Pratiques et poétiques souhaitait-elle rejoindre M@rsouin ?

"C’est par le biais du programme transversal « L’œuvre et l’imaginaire à l’ère du numérique » que l’équipe Arts : Pratiques et poétiques a demandé son intégration au GIS M@rsouin. De par les sujets abordés, « L’œuvre et l’imaginaire à l’ère du numérique » accueille des chercheurs en arts plastiques, en esthétique, en cinéma, en musique et en études théâtrales dont les objets d’études ont une inscription dans le champ du numérique et de l’Internet.
Dans nos recherches respectives, nous faisons le constat suivant : Internet a bouleversé le champ des représentations, des codes plastiques et des critères de jugements esthétiques : sur-visibilité des pratiques amateurs, téléchargement de films et de musiques, fragmentation et dislocation d’œuvres audiovisuelles et musicales, duplication de documents iconiques, créations collectives, productions anonymes, prolifération de figures fictives… Que ce soit dans le champ du cinéma, de la musique et des arts plastiques, ces vingt dernières années ont été le théâtre d’un processus d’ensauvagement des pratiques et des formes artistiques : le "white cube", la salle de cinéma et la salle de concert ne sont plus que des événements mineurs dans la vie des œuvres et dans le grand concert des pratiques artistiques. Le réseau Internet, les sites de partage de données et leurs algorithmes respectifs ont redistribué les savoir-faire et la circulation des œuvres.
Nous avons en quelque sorte pris acte du tournant numérique de nos disciplines. Intégrer le GIS est pour nous une formidable occasion de partager et de mutualiser avec d’autres chercheurs nos recherches et nos questionnements sur le sens et les usages du numérique. Il est primordial, d’une part de faire circuler nos objets d’études, de questionner autrement nos corpus, d’autre part de discuter avec nos collègues inscrits dans d’autres champs disciplinaires en SHS de notions en chantier comme la curation, les droits d’auteur, l’économie de partage, la visualisation de données."

Pouvez-vous nous définir les humanités numériques ?


"Les humanités numériques ont pris naissance il y a une vingtaine d’années dans le cadre des disciplines académiques. Face au grand mouvement de numérisation des fonds d’institutions culturelles et patrimoniales, l’apparition de matériels informatiques et l’accès à Internet, les chercheurs ont pris consciences du bouleversement de leur espace de travail et des conditions de recherches : d’un côté des institutions ont numérisé des fonds sans dialoguer avec les chercheurs, sans penser avec eux les outils pour documenter et manipuler les données, de l’autre des sociétés comme Google ont perturbé la hiérarchie des ressources scientifiques et l’accès au savoir. La communauté universitaire s’est organisée en créant, ici et là, des centres de recherche consacrés à ces questions. Le rapport « Our cultural commonwealth » publié en 2006 par l’American Council of Learned incitant les politiques et le monde scientifique à développer ensemble les infrastructures marque l’acte de naissance officiel des humanités numériques. En France, le CNRS et le TGE Adonis sont chargés de développer « un accès unifié aux données et aux documents numériques en SHS ». C’est dans ce contexte que de nouveaux outils sont conçus pour la communauté scientifique française : HAL, Isidore (moteur de recherche en SHS), Calenda.org, Revue.org et Hypotheses.org. En 2010 à l’initiative de Marin Dacos et de Pierre Mounier du centre pour L’Edition électronique ouverte (CLEO) dans le cadre d’un atelier THATCamp organisé à Paris, un manifeste des humanités numériques a été rédigé. On peut le trouver à l’adresse suivante : http://tcp.hypotheses.org/318. Les humanités numériques ne font pas tabula rasa des disciplines académiques, elles contribuent à les renforcer."

Qui est Nicolas Thély ?



Après près de 10 ans à l’université Paris 1-Panthéon-Sorbonne, Nicolas Thély rejoint l’université Rennes 2 en septembre 2011.

Professeur en art, esthétique et humanités numériques, il a, pendant plusieurs années, écrit en tant que critique d’art dans Le Monde, Les Inrockuptibles, Beaux-Arts Magazine, Contemporary Art...
Il a publié : La Culture distribuée (co-dir. Hélène Sirven,Sceren-Cndp, 2010), Basse Def : Partage de données (Les presses du réel, 2007), Mes Favoris (éditions MIX, 2007), Corps, art vidéo et numérique (Sceren-Cndp, 2006), Manuel d’esthétique (Filigranes, 2005) et Vu à la webcam, essai sur la web-initimité (Les presses du réel, 2002).

Il nous parle de son parcours et de ses travaux de recherche :

"J’ai trouvé dans les humanités numériques une communauté de pratiques. J’ai une formation de philosophie (Université Blaise Pascal, Clermont-Ferrand) et j’ai exercé durant une dizaine d’année une activité de critique d’art au sein des rédactions du Monde, des Inrockuptibles et du Journal des arts. J’ai toujours accordé un intérêt particulier à la question de la technologie dans nos manières de penser et de créer sans pour autant m’y restreindre. C’est pourquoi j’ai inscrit mes recherches universitaires dans le champ de l’esthétique et de la philosophie de l’art.

En 1998, j’ai entrepris un travail de recherche sur la question de la web-intimité. Cela a donné lieu à une première étude en France sur l’utilisation domestique de la webcam publiée en 2002 sous le titre Vu à la webcam (essai sur la web-intimité) et à la publication d’un opuscule sur les formes faibles produites par les amateurs (Mes Favoris, éditions Mix).

Entre 2007 et 2011, j’ai initié et dirigé la ligne de recherche intitulée Basse définition ayant pour objet la manière dont les algorithmes (PageRank, MP3, MPEG, GIF) ont restructuré l’environnement sensoriel et la puissance de création des artistes contemporains. Soutenue par le ministère de la Culture, cette ligne de recherche associait mon ancien laboratoire (LAM- Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne) à trois écoles d’art (Quimper, Valence, Grenoble) et à l’école Télécom ParisTech ENST. Nous avons organisé des expositions (Grenoble, Stockholm), des journées d’études, publié un catalogue et nous sommes en train de finir l’édition d’un livre atypique : un guide de requêtes qui se joue de la poétique sémantique des algorithmes de Page Rank.

Depuis septembre dernier, j’occupe la fonction de professeur des universités en art, esthétique et humanités numériques à l’université Rennes 2. J’ai rejoint l’équipe Arts : Pratiques et Poétiques de l’université Rennes. J’ai entrepris d’orienter les recherches du programme transversal « L’œuvre et l’imaginaire à l’ère du numérique » vers un questionnement qui me semble être la tache historique à laquelle nous sommes assignés aujourd’hui en tant que chercheur en art : Comment penser et créer avec les outils produits par l’industrie des médias et de l’informatique mais aussi ceux conçus par les chercheurs et les scientifiques ? Comment répondons-nous individuellement et collectivement d’un point de vue artistique et intellectuel à la capacité croissante d’enregistrement des machines, à leur puissance de calcul et leur capacité d’organisation du savoir et des formes ? Si notre vocation est de produire de nouvelles théories, nous devons tenir compte de cela et les humanités numériques me semblent être le cadre le plus favorable pour développer en toute indépendance ces réflexions. "

Plus d’infos :

Appel à communications Journée d’étude du vendredi 13 janvier 2012
Coordonnée par Pierre Braun, Joël Laurent, Nicolas Thély (département Arts plastiques)
et Bruno Bossis (département Musique)


Les membres de l’équipe APP rejoignant le Gis :

Nicolas Thély (PR Esthétique et théorie des arts plastiques) : anthropologie de la lecture à l’ère du numérique et usages des technologies numériques dans les pratiques éditoriales

Pierre Braun (MCF Arts plastiques) : détournements et réappropriations artistiques

Eric Thouvenel (MCF Cinéma) : téléchargement et ensauvagement des formes cinématographiques

Jean-Pierre Quinquenel (doctorant Musique) : formes partagées de la création musicale et nouvelle figure des musiciens.

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lundi 21 novembre 2011

 
 

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