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Les étudiants bretons et l’Internet : Mythes et réalité

jeudi 26 février 2009 , par Godefroy Dang Nguyen, Jocelyne Trémenbert, Sandrine Le Squin

Contexte [1]

Depuis plusieurs années, le développement rapide d’Internet et les nombreuses mesures adoptées pour faciliter l’apprentissage et l’appropriation d’Internet dans les écoles ou les universités inciteraient les étudiants à acquérir des compétences en informatique et dans l’utilisation du Net. Ces étudiants, que l’on qualifie souvent de « digital natives » (que l’on pourrait traduire par « de la génération numérique »), baignent dans les technologies de l’information et de la communication depuis leur plus jeune âge et leur maîtrise de ces nouvelles technologies semble tomber sous le sens. Et pourtant, l’exploitation d’une enquête sur leur usage des TIC exposée dans cet article, va parfois à l’encontre de ces idées. Les principaux résultats sont les suivants.

Résultats

S’il est vrai que les étudiants sont mieux équipés en technologies numériques que l’ensemble de la population et les utilisent plus fréquemment, ils n’en ont pas du tout une pratique homogène. En premier lieu les étudiants scientifiques sont plus attirés par le côté technique de l’ordinateur alors que les étudiants littéraires le considèrent plus comme un outil d’expression ou d’accès à l’information. En second lieu, des différences de genre apparaissent dans l’usage d’Internet : les hommes sont globalement de plus gros usagers du Net que les femmes.

Si globalement, 69% estiment leur habileté à se servir d’Internet très bonne, voire excellente, une typologie des usages en révèle un échelonnement, à partir d’un seuil de pratique courante, jusqu’à des utilisations plus marginales et plus sophistiqués. C’est la recherche de divertissement qui motive d’abord l’usage d’Internet, les besoins de communication et la recherche d’information n’intervenant qu’en second. Le courrier électronique n’est d’ailleurs pas le seul mode d’échange des étudiants qui accèdent aussi à d’autres moyens de communication via le Net (MSN ou des blogs). Seuls les étudiants aux usages les plus avancés se servent aussi d’Internet pour étendre leur réseau social (tenir un blog, avoir des amis virtuels...) ou effectuer des transactions.

Et bien que les étudiants de l’enquête soient quasiment tous utilisateurs mensuels d’Internet, leurs usages dans leur relation avec l’université demeurent limités : ils se connectent peu à Internet quand ils sont à l’université, échangent rarement avec leurs professeurs et ne savent guère trouver de l’information en ligne pour les besoins de leurs travaux universitaires. La pratique des logiciels bureautiques ou autres, primordiale pour leur arrivée sur le marché du travail, n’est pas acquise, pour bon nombre d’entre eux.

En résumé, l’ordinateur et Internet apparaissent beaucoup plus comme une plate-forme d’accès multimédia aux loisirs, à la communication, à des contenus distractifs que comme un outil de travail indispensable pour les étudiants.

Des étudiants bien équipés pour des usages plutôt personnels

Les étudiants sont bien équipés et très souvent connectés

L’opération « Micro Portable Etudiants » (MIPE), lancée en 2003, a eu pour but de faciliter l’équipement numérique des étudiants entrant en première année à l’université. Ainsi, l’équipement en ordinateur portable serait passé de 8% en 2004 à 52% en 2007 [2] . Selon l’enquête bretonne « REBI », la totalité des étudiants utilise un ordinateur (les foyers bretons sont équipés à 61% en 2008 [3] ). Deuxième indicateur du fort équipement : 71% des étudiants disposent d’une connexion à Internet là où ils vivent la majeure partie de l’année (contre 55% des foyers résidant en Bretagne), le logement au domicile des parents favorisant cet équipement. 55% possèdent un ordinateur portable dont les trois quarts accèdent au wifi ; un peu plus de 6 étudiants sur 10 dispose d’une connexion à Internet haut débit et près de 50% ont recours à une webcam. L’équipement n’est donc pas un problème pour cette catégorie de population.

Près des trois quarts des étudiants se connectent journalièrement, (tableau 1) et ce d’autant plus qu’ils utilisent Internet depuis longtemps, c’est à dire plus de 4 ans (finalement depuis le lycée, voire même avant). Pendant l’année universitaire, 22% des étudiants se connectent quotidiennement 3 heures ou plus. Ce taux passe à près d’un tiers pendant les vacances. L’usage d’Internet paraît bien inscrit dans les pratiques quotidiennes des étudiants, et plus encore dans celle de leur temps libre.

Fréquence d’utilisation d’Internet Des étudiants Des bretons [4]
Quotidiennement ou presque 72% 68%
Une fois par semaine ou plus 26% 19%
Une fois par mois ou plus 2% 4%
Moins souvent 0% 9%

Tableau 1 - Comparaison de la fréquence d’utilisation d’Internet des étudiants et des Bretons

Tous les étudiants sont des utilisateurs d’Internet. Mais si l’on se concentre sur la fréquence d’usage d’Internet quotidienne, la différence entre résidents en Bretagne et étudiants en Bretagne est moins marquée.

Cependant, un clivage existe concernant le temps passé sur le Net, mais aussi dans l’estimation de l’habileté à se servir de ces outils, clivage fondé sur le genre, la discipline d’étude, l’ ancienneté d’utilisation et la possession d’un ordinateur. Plus en détail, les étudiants en sciences, de sexe masculin, possédant un ordinateur et habitués depuis longtemps à utiliser Internet en ont une pratique consolidée et y consacrent plus de temps.

L’ordinateur est une plate-forme multimedia [5] plutôt qu’un outil de productivité personnelle

Depuis mai 2002, le gouvernement a mis en place un certificat informatique et internet (C2I) dans le but de « développer, de renforcer et de valider la maîtrise des technologies de l’information et de la communication par les étudiants en formation dans les établissements d’enseignement supérieur ». A cela s’ajoute, ponctuellement, la mise en œuvre de formations aux outils technologiques. Malgré cela, une part importante d’étudiants utilise finalement pas du tout, peu ou mal les outils de bureautique. La moyenne obtenue pour les 2926 étudiants entrant à l’Université Rennes 2 en L1 et participant à un test d’auto - évaluation, était seulement de 18 sur 35 (médiane égale à 18).

Notre enquête montre que les traitements de textes sont les seuls logiciels couramment usités (par 98% des étudiants), tandis que les logiciels de présentation et de tableur le sont par un peu plus de la moitié, notamment des étudiants d’IUT, de DUT, de DEUST, formations plus appliquées et professionnalisantes. Mais 44% des étudiants utilisent aussi des logiciels de montage de photo et vidéo. Les logiciels plus techniques (création de musique, dessin / infographie, création de site Web, logiciel d’analyse de données) sont plus utilisés par les étudiants scientifiques. Les hommes sont globalement de plus gros utilisateurs de logiciels. Enfin, un étudiant sur deux seulement utilise des logiciels libres et seuls 9% d’entre eux se servent d’un système d’exploitation libre. Les hommes et les étudiants scientifiques ont un plus fort attrait pour le côté technique de l’outil.

Internet dans la vie personnelle : une pyramide des besoins ?

L’ordinateur et Internet constituent pour les étudiants une plate-forme de communication, de divertissement et d’acquisition de contenus.

Les étudiants se servent de leur ordinateur et d’Internet comme un véritable objet multimédia, avec des usages pour la vie personnelle, plutôt hiérarchisés.

Figure 1

Le téléchargement n’est pas, contrairement à ce que certains veulent faire croire pour cette tranche d’âge [6] , la part la plus importante des usages du Net. Mais la pratique plutôt récente du visionnage de vidéos sur Internet (Youtube, Dailymotion...) remporte un franc succès, et caractérise cette tranche d’âge.

Le graphique ci-dessous présente les principales caractéristiques des étudiants visionnant des vidéos sur Internet [7] . La taille des caractères augmente avec l’influence de la variable sur la probabilité de visionnage. Ainsi, les résultats obtenus montrent une corrélation avec le besoin se divertir grâce au Net (écoute de musique, jouer en ligne), la pratique du téléchargeement, mais aussi le genre et le domaine d’étude. Moins significatifs dans la corrélation avec le visionnage sont l’environnement social de l’étudiant (activités conviviales, activités étudiantes, possession d’un espace personnel) et son excellente une habileté à se servir d’Internet.

Pour résumer :

Un homme inscrits en Sciences écoutant de la musique, téléchargeant et jouant en ligne, profitant d’un environnement social « riche » et ayant un usage d’Internet plutôt consolidé a « plus de chances » de visionner des vidéos en ligne.

Par exemple, si l’on considère un étudiant ayant pour habitude d’écouter de la musique sur le Net, sa probabilité de visionner des vidéos est multipliée par trois par rapport à un étudiant n’écoutant pas de musique, toutes choses égales par ailleurs.

Le jeu en ligne représente aussi une part relativement importante des activités du Net, qui concerne 4 étudiants sur 10, en réseau ou en solo. Les motivations sont la volonté d’interagir avec autrui, de se désinhiber ou d’essayer différentes identités, d’explorer des aspects variés de sa personnalité. Ainsi 46% des répondants sont très satisfaits de l’utilité d’Internet pour rompre leur solitude et jouent à des jeux en réseaux.

· Internet sert à effectuer des transactions et des recherches d’information

Les 2/3 des étudiants effectuent des achats sur Internet, notamment de produits culturels. 57% gèrent leur budget via le Net ce qui leur confèrerait une plus grande autonomie individuelle. Et même si le risque de fraude reste présent à l’esprit, cela ne semble pas les détourner du Net comme outil de transaction. Les recherches d’information quant à elles, s’orientent plus vers l’information pratique (78% des étudiants) et l’organisation de loisirs (58%). Ceci dit, ces recherches sont plus mensuelles qu’hebdomadaires ou quotidiennes.

· Internet fournit plusieurs vecteurs et plusieurs modes de communication

97% des étudiants possédant un téléphone portable (soit quasiment tous) envoient des SMS/MMS. Internet n’est donc pas le premier outil de communication, même textuelle. En l’espèce, ce sont les amis, puis la famille proche et élargie qui échangent par courrier électronique avec eux.

Mais le courriel n’est pas le seul véhicule de communication. Une part importante se fait par téléphone, la poste ou des visites et les étudiants pratiquent aussi, on l’a dit, d’autres modes d’échange en ligne (MSN, Blogs...). D’ailleurs 38% d’entre eux possèdent un espace personnel sur Internet, avec une part plus importante d’étudiants en sciences et en lettres. Pour 27%, il s’agit d’un blog. Plus d’un étudiant sur trois « s’affiche » donc sur Internet.

· Sociabilité et Internet

La communication avec des amis rencontrés en ligne tient également une place relativement importante. Ainsi, 41% des étudiants (davantage les hommes) affirment avoir développé une relation amicale par Internet [8]. D’ailleurs, les deux tiers des étudiants jugent Internet très satisfaisant pour consolider de nouvelles relations, surmonter sa timidité ou rompre sa solitude Les hommes sont plus nombreux à avoir développé une relation via le Net. Certaines amitiés sur Internet ont eu pour conséquences une rencontre en face à face, pour 2 étudiants sur 10. Les raisons évoquées sont diverses, comme le suggère la figure 6.

Figure 2Base : Etudiants possédant un espace personnel sur Internet
Figure 3Base : Etudiants ayant développé des relations amicales via Internet au cours de l’année précédant l’enquête, et ayant mené à une rencontre physique

· La pyramide d’acculturation au Net

En utilisant des techniques statistiques d’analyse multivariée des données, sur les usages d’Internet par les étudiants dans leur vie privée, on peut établir une typologie des usages en 6 groupes.

Les classes obtenues sont présentées dans le graphique qui suit (figure 8), volontairement inspiré de la pyramide des besoins de Maslow traduisant ainsi un gradient des usages d’Internet.

Le premier, constitué par 14% des étudiants, rassemble les « petits utilisateurs d’Internet ». Peu d’usages, principalement dû à une faible connexion en terme de fréquence (liée à un problème d’accès pour un sur deux) et à une utilité réduite de l’ordinateur (faible usage des logiciels et des périphériques). Les femmes y sont sur - représentées.

A la base, le besoin le plus répandu est celui du divertissement. Le niveau suivant concerne les étudiants qui utilisent Internet pour communiquer et faire des recherches d’information. Par contre, les 2 niveaux qui suivent sont mutuellement exclusifs : l’un renvoie aux usages pratiques, l’autre à la sociabilité. Il est rare finalement de trouver des étudiants qui gèrent leur budget, achètent des produits culturels, de l’équipement informatique ou des articles divers, planifient leurs loisirs, tout en communiquant avec des amis « virtuels », en jouant en ligne ou en s’exprimant sur un espace personnel. Seuls en effet les 19% au sommet de la pyramide en sont coutumiers, ils ont de surcroît les usages les plus diversifiés de l’ordinateur en dehors d’Internet.

Les 19% d’étudiants à la base de la pyramide qui utilisent Internet pour se divertir, regroupent des étudiants de 1ère année (la moitié contre 41% dans l’échantillon). La recherche et la communication, concernent plus les femmes (les ¾) et des étudiants de 3ème année (43% contre 1/3 dans le reste de l’échantillon). C’est une moitié d’hommes que l’on retrouve dans le groupe « Internet pour effectuer des transactions ». Internet pour étendre son réseau social regroupe plutôt des étudiants en Arts, Lettres, Langues ou Philosophie (38%).

Internet dans la vie étudiante

Un étudiant sur quatre n’utilise jamais Internet au sein de l’université

Aujourd’hui, les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) font partie intégrante du paysage universitaire. La mise en place d’Espaces Numériques de Travail (ENT), dont le but est de permettre aux étudiants de profiter de services proposés par l’université, permettrait un accroissement de l’utilisation de ces technologies dans l’établissement. De plus, de nombreuses propositions ont été suggérées afin de mettre les universités à l’ère du numérique, la dernière en date étant celle de la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (« Faire de numérique un outil pédagogique et au service de la vie étudiante » [9] ). Malgré tout, 26% des étudiants interrogés déclarent utiliser rarement, voire n’utilisent jamais Internet sur le campus.

Outre les ressources technologiques et personnelles de l’étudiant, si ce dernier exerce un travail durant l’année scolaire, son usage sera plus limité (du au manque de temps probablement).

La recherche sur Internet : un manque patent de formation ?

69% des étudiants déclarent faire des recherches pour leurs travaux académiques. 40% si on prend une fréquence hebdomadaire. L’usage d’Internet pour « planifier leurs études » est tout aussi important car souvent préconisé pour obtenir leurs programmes, des dates, de l’aide, des sujets d’examens ...Cependant, 1 étudiant sur 10 tout de même n’est pas satisfait de ses recherches sur Internet. Peut être que mener efficacement sur Internet une recherche avec les outils appropriés n’est pas du ressort de la plupart des étudiants. Il est possible également que ce problème n’ait pas été abordés lors de leur formation.

Des échanges rares par mail entre l’étudiant et ses professeurs

Rares sont les échanges numériques entre étudiants et professeurs / tuteurs. 6% communiquent au moins une fois par semaine ou tous les jours, 36% une fois par mois. Les étudiants les plus actifs dans la communication par mails sont les étudiants scientifiques et les étudiants effectuant un stage dans l’année. On retrouve tout naturellement une majorité d’étudiants en 3ème année et plus.

Internet pour l’étudiant citoyen

La démarche « citoyenne » sous-entend ici une finalité des usages liée à l’éthique, la politique, l’économique ou l’attitude militante.

Des étudiants loin d’être majoritairement des « militants », même avec les nouvelles technologies

Internet, contrairement aux médias traditionnels, permet à l’internaute de s’informer rapidement, mais aussi d’intervenir régulièrement dans le débat public, rétablissant ainsi une symétrie entre l’émetteur de l’information et le récepteur. Aussi il est intéressant de savoir comment les étudiants en tirent parti.

46% d’entre eux s’informent sur les enjeux politiques via Internet (cf. figure 6). Cependant, pour près de un sur deux, Internet ne favorise par les débats politiques pour autant. 22% y voient un mode d’échange avec les autres membres du public à travers les forums et chats, 6% y voient un mode de communication avec les gens des médias. Les étudiants, bien que relativement familiers d’Internet comme média informationnel, interviennent donc peu dans le débat public, et beaucoup plus comme spectateur que comme acteur.

Figure 5

Sur d’autres usages citoyens l’engagement est faible voire très faible : moins d’un quart ont déjà consulté des sites de services publics, 8% ont déjà fait des dons via Internet, 5% communiquent par mail avec des groupes politiques ou idéologiques, 5% des étudiants ayant un espace personnel sur le Net l’ont pour poser un geste politique en contribuant à un débat, en défendant une cause commune.

Opinion des étudiants sur les conséquences possibles d’Internet dans notre société

Beaucoup d’idées plus ou moins contradictoires circulent parmi les étudiants sur les conséquences de l’arrivée d’Internet. Si certains y voient un moyen d’encourager la diversité culturelle, d’autres au contraire le considèrent comme un instrument de l’extension de la mondialisation au détriment de cultures minoritaires. L’éventail des conséquences possible de l’intégration d’Internet dans notre société étant large, il n’est guère possible d’en dresser la liste exhaustive. Cependant, il a été demandé aux étudiants d’exprimer leur opinion quant à certains nombre d’impacts possibles (les résultats présentés sont ceux rattachés à la sphère citoyenne. cf. figure 6).

La diversité culturelle arrive en premier, avec 81% des étudiants plutôt d’accord pour dire qu’Internet l’encouragerait. Mais en troisième position apparaît le fait qu’Internet renforce la dominance de quelques cultures sur la scène mondiale. Et même si Internet permet l’expression de tous, un peu moins de 2 étudiants sur 3 évoquent aussi une facilité à la diffusion de propos haineux, la propagande et l’incitation à la violence. Concernant les autres opinions citées, les étudiants semblent avoir du mal à se positionner. Notons tout de même que seul ¼ d’entre eux pensent que le Net offre plus de pouvoir au citoyen. Est-ce pour cela qu’ils sont si peu actifs en termes « d’usage citoyen » ? Ou alors, leur manque d’expérience dans ce domaine ne leurs permet pas actuellement de se positionner ?

Annexe méthodologique

La Recherche sur les Etudiants de Bretagne et Internet (REBI) est un programme de recherche d’initiative régionale (PRIR) CREAD-ENST-M@RSOUIN, financé par le conseil régional de Bretagne et dirigé par P. Plantard, Maître de Conférences à l’Université de Rennes 2. C’est la partie française d’une recherche comparative internationale (INTER), réunissant le Canada (porteur du projet), la Suède, le Mexique et la France. Elle porte sur l’appropriation d’Internet et des médias par les étudiants. Elle est guidée par le modèle suivant : les usages d’un étudiant sont vus à travers 3 sphères de vie : personnelle, professionnelle, publique, tout en prenant en considération :

-  le contexte de vie comprenant les ressources personnelles, sociales, culturelles et techniques mises à sa disposition de l’étudiant.

-  ses évaluations personnelles faisant référence aux opinions qu’il a d’Internet.

Ainsi, la Bretagne a recueilli d’avril à décembre 2007 à l’aide d’un questionnaire (à la fois papier et en ligne) des données sur 1350 étudiants inscrits dans les quatre universités de Bretagne en premier cycle.

L’échantillon obtenu est représentatif de la population estudiantine de Bretagne en termes de lieu d’étude, domaine d’étude, année d’étude, âge et sexe. La répartition des étudiants selon les quatre domaines définis par la recherche est la suivante : Au total, ¼ sont inscrits en « Arts, Lettres, Langues », 38% sont inscrits en « Sciences Humaines et Sociales », 22% en « Sciences Mathématiques et Informatique ». Enfin, 15% appartiennent à « d’autres filières » . Une majorité d’étudiants sont inscrits en première année de licence (41%), suivi d’¼ en seconde année de licence et d’ ? des étudiants en 3ème année. Presque tous les interviewés ont entre 18 et 24 ans et 64% sont des femmes.

Notes

[1Les auteurs remercient chaleureusement Pascal Plantard (CREAD - Université Rennes 2) de leur avoir permis, dans le cadre du GIS Marsouin, d’utiliser les résultats d’une enquête effectuée dans le cadre du PRIR (programme de recherche d’ initiative régionale) REBI (Recherche sur les Etudiants de Bretagne et Internet) qu’il dirige. Ils remercient également Magali Moisy (CREAD - Université Rennes 2) d’avoir collecté ces données.

[3Chiffres issus de l’enquête « Résidentiel 2008 » de M@RSOUIN, conduite durant les mois de mai et juin 2008 sur un échantillon représentatif de 2001 individus résidant en Bretagne âgés de 15 ans et plus (6ème édition).

[4Par bretons, nous entendons résidants en Bretagne.

[5Lecteurs cd/ dvd, graveurs cd/dvd, imprimantes, scanners, webcam, wifi.

[6Voir par exemple O. Bomsel (2007) « Gratuit ! », Folio Gallimard.

[7Ces résultats sont issus d’une régression logistique.

[8Contre 7% observé pour la moyenne des individus dans l’enquête Résidentiels 2006. On entend par « amis virtuels », des personnes (identifiées par leur nom ou un pseudo) rencontrées sur Internet, avec lesquelles l’étudiant a échangé plusieurs fois, la première rencontre ayant eu lieu sur Internet.


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