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Evolution d’équipement technologique des ménages bretons

Une comparaison entre fin 2004 et fin 2006

jeudi 8 mars 2007 , par Jocelyne Trémenbert

Après les données France entière (cf. article L’équipement technologique des ménages français en 2006 : taux d’équipement, motivations et freins), cet article apporte un éclairage sur l’évolution sur ces 2 dernières années des équipements des foyers bretons (par bretons, nous entendons installés dans les quatre départements de Bretagne).

Par rapport à l’année 2004 (voir la brochure « usages des technologies de l’information et de la communication en Bretagne - Panorama 2005"), 2006 est marquée par une progression plus rapide des connexions à Internet, avec la propagation des accès par ADSL et le foisonnement des forfaits et le succès fulgurant de la TNT. Les accès à l’informatique à domicile et l’équipement en téléphone mobile, en revanche, ne progressent plus depuis deux ans.

Caractéristiques de l’enquête

Équipements et accès aux nouvelles technologies.

Tableau équipements et évolution 2004-2006 :

2006 2004
Téléphone mobile 71% 73%
Lecteur DVD 71% 52%
Console de jeu (non portable) 25% 26%
Système Home cinéma 12%
Appareil photo numérique 48% 25%
Lecteur de musique MP3 26% 8%
Caméscope 27% 27%
Décodeur TNT 25%
GPS 6%
Ordinateur 56% 56%
Internet 47% 39%

Cet engouement pour la micro profite surtout aux autres familles de produits high tech. Ainsi le taux d’équipement des foyers en lecteurs DVD progresse de 19 points à 71%, celui en appareils photo numériques de 17 points à 48%. Mais le record appartient à la famille des baladeurs numériques ou lecteurs de musique MP3, dont la pénétration progresse de 18 points, passant de 8% de foyers équipés à 26%.

L’ordinateur apparaît donc comme un produit technologique parmi d’autres. Mais les foyers qui ont (au moins) un ordinateur sont davantage technophiles que les autres. Comme le montre le tableau suivant, ils sont plus équipés que la moyenne en appareils photos numériques, en téléphones mobiles, en lecteurs DVD...

Ensemble des foyers Ensemble des foyers équipés d’au moins un ordinateur
Téléphone mobile 71% 92%
Lecteur DVD 71% 88%
Console de jeu (non portable) 25% 36%
Système home cinéma 12% 19%
Appareil photo numérique 48% 72%
Lecteur de musique MP3 26% 43%
Caméscope 27% 36%
Décodeur TNT 25% 33%
GPS 6% 9%
Internet 47% 84%

L’ordinateur.

Près de 677 500 ménages bretons, soit 56% comme en 2004, possèdent au moins un ordinateur à domicile. Il faut dire que un peu plus de la moitié des foyers équipés le sont depuis 5 ans et plus (cela ne signifie pas pour autant que le matériel a la même ancienneté).

Parallèlement à cette stagnation, les foyers sont plus nombreux à déclarer leur intention de s’équiper. Ils étaient seulement 7% en 2004 de clients potentiels, 14% se disent aujourd’hui tentés, mais attention seulement 3% ont une intention qui « se réalisera certainement » dans le courant de l’année qui vient.

Étant donné que les cas d’abandon de l’informatique sont très rares (1%), et c’est plus souvent lié au départ d’un enfant du foyer qu’à une mauvaise expérience, on peut supposer que l’ordinateur est renouvelé en cas de panne.

Une diffusion lente de l’ordinateur et de sa version portable au sein des foyers.

9% seulement des foyers ont plusieurs ordinateurs. Cette proportion n’évolue guère puisqu’en 2004 la Bretagne en comptait déjà 8%. Quant à l’ordinateur portable, équipement considéré comme plus cher, il est encore peu présent dans les foyers avec une pénétration seulement de l’ordre d’un foyer sur quatre informatisés. Surtout que cet équipement vient souvent en complément d’un ordinateur fixe (60% des cas). Cette situation de mobilité est plutôt réservée à des foyers « jeunes » (chef de famille souvent âgé de moins de 30 ans), installés dans des grandes villes, à revenus plutôt élevés. Alors que 14% des foyers ont un ordinateur portable, 40% des foyers de cadres en ont déjà.

De fortes inégalités d’équipement.

La stagnation de l’équipement des foyers en informatique ne doit pas faire oublier que des disparités conséquentes persistent. Une régression logistique mesurant l’influence de chaque facteur sur la propension à disposer d’un ordinateur à domicile révèle que c’est avant tout la catégorie socioprofessionnelle et l’âge du chef de famille qui conduisent à se doter d’ordinateur.

Les chefs de famille âgé de moins de 30 ans ont ainsi 8 fois plus de chances que les 60 ans et plus d’être dans cette configuration (déjà 5 fois plus de chances pour la tranche 30-49 ans), les cadres 4 fois plus que les retraités. Bien sûr, revenus, nombre de personnes dans le foyers jouent aussi un rôle, mais dans une moindre mesure, alors que département de résidence et taille d’unité urbaine / zone rurale n’interviennent pas.

- Si 86% des cadres supérieurs disposent d’un ordinateur à leur domicile, de même que 86% des

personnes vivant dans un ménage composé de 4 personnes et plus, 79% des

familles dont le chef de famille à moins de 50 ans ;

- à l’opposé, « seuls » 24% des retraités, 30% des foyers avec moins de 1000 euros par mois de revenus, 33% des personnes seules sont informatisés.

Le sur-équipement des foyers avec enfants

En 2004, on pensait avoir atteint un seuil d’équipement informatique des foyers avec enfants (78% comme en 2002) et pourtant en 2006 on atteint la proportion de 85%. L’équipement deviendrait-il quasi systématique dans ces foyers ? On peut avancer que les parents réalisent cette décision d’achat en se disant qu’ainsi ils ne pénalisent pas leurs enfants par rapport à leurs camarades de classe. Pourtant de nos jours il est plus facile pour les collégiens d’y accéder sur leur lieu d’études.

Les enfants seraient-ils eux aussi prescripteurs ? Certes, les enfants utilisent en moyenne l’ordinateur dans 3 foyers sur 4 (avec enfant(s)). Et plus les enfants sont âgés, plus cette proportion augmente. Cependant l’ordinateur est un objet familial : il n’est utilisé exclusivement par les enfants que dans seulement 2% des foyers avec enfant(s) et ordinateur(s). L’argument de l’achat de l’informatique pour les enfants ne sert qu’à masquer les envies/ besoins (souvent d’ordre plus privés que professionnels) de l’ensemble de la famille, adultes compris.

En revanche, la présence d’enfant(s) est faiblement corrélée à l’état de multi-équipement. En effet, nombre d’ordinateurs et nombre d’enfants ne sont pas proportionnels, il y a un fort effet revenus à prendre en compte.

Les nombreux freins à l’équipement au delà de la non utilité

60% des ménages non équipés pensent qu’un ordinateur n’est d’aucune utilité pour le foyer, pourtant élément capital dans l’appropriation de la technologie. Mais cela cache souvent d’autres raisons comme par exemple le manque de connaissances et de savoir faire : 18% disent ne pas avoir actuellement les compétences. Le manque de confiance en soi est un autre frein sous-jacent : pour 40% des personnes interrogées, il leur serait difficile de se mettre à l’informatique. L’ordinateur représente aussi un objet trop complexe et 32% jugent le risque de pannes, d’incidents trop important et ne sauraient y faire face. Le coût intervient, pour 20% des ménages le prix représente un véritable obstacle.13% passeraient trop de temps sur un ordinateur, ce dernier présentant un risque de détérioration du lien social. D’autres explications ou freins à l’équipement sont souvent cités, à savoir le grand âge ou des incapacités (vue, lecture) ou tout simplement un problème de place (problème qui n’en est pas réellement un avec les portables !).

Enfin, 7% pourraient se révéler de vrais réfractaires : ils sont réfractaires à tout produit technologique.

Internet :

47% des foyers bretons ont une connexion à Internet à domicile. Ils n’étaient que 39% fin 2004. Parallèlement à cette progression effective des connexions, l’intérêt porté à Internet ne se dément pas : les personnes n’ayant pas accès à la Toile chez elles sont de plus en plus nombreuses à déclarer leur intention de se connecter dans les douze prochains mois. En 2004, 25% des foyers non connectés avec déjà un ordinateur étaient des clients potentiels ; aujourd’hui, 50% se disent tentés, sans compter les ménages qui n’ont pas encore d’ordinateur et qui en s’équipant prendront aussi Internet.

Mais fin 2006, le « fossé numérique » est encore considérable. Les mêmes fortes inégalités sociales que celles exposées ci-dessus pour l’ordinateur s’observent. Et certes, cette progression du taux de connexion de 8 points n’est pas négligeable, les intentions sont plus élevées, mais on peut se demander si, un jour, toutes les personnes disposant ou non d’un ordinateur se connecteront nécessairement à Internet. Il n’est pas impossible qu’une minorité reste « hors réseau ».

Les foyers « hors réseau », équipés d’un ordinateur mais pas d’un accès Internet

8% des foyers ont un ordinateur mais pas Internet. Mais tout d’abord qui sont-ils ? Parmi ceux-ci, on observe une sur-représentation des foyers pour lesquels « la vie est difficile avec le revenu actuel », des foyers dont le principal apporteur de ressources du ménage est un employé ou ouvrier. Les ménages d’ouvriers par exemple représentent 28% de cet échantillon alors qu’ils ne représentent que 20% des ménages avec Internet et 19% de l’ensemble des ménages. Les autres caractéristiques comme l’âge du chef de famille, la présence d’enfants, la composition familiale, la localisation ne sont pas prépondérantes dans l’explication de ce non accès.

Il est intéressant malgré tout de noter que ces foyers ne sont pas des abandonnistes d’Internet. Très rares (5 foyers sur un peu plus de 2000 interrogés) sont les cas qui ont eu par le passé un accès et n’en ont plus actuellement (ou pas).

Le coût fait bien sûr partie des obstacles : pour 33% de ces ménages un abonnement Internet est trop cher. Mais 39% avouent ne pas avoir de compétences à se servir d’Internet. Un foyer sur cinq évoque aussi des raisons d’éthique : le ménage n’a pas Internet pour des raisons de sécurité et de vie privée. Bref, ces foyers n’ont soit disant pas besoin d’Internet à 49%. 16% des foyers dans ce cas avec enfant(s) pensent que leurs enfants, sans Internet à domicile, ne peuvent pas suivre correctement leurs études.

Retenons quand même que 54% ont accès dans d’autres endroits. Mais nous verrons dans le prochain article sur les usages que leurs usages d’Internet s’en ressentent en terme de nature et de fréquence d’accès. Ainsi, par exemple, 92% des individus de 15 ans et plus qui ont Internet à domicile l’ont utilisé dans les 3 derniers mois alors que cette proportion chute à 28% pour ceux qui ne sont pas équipés à domicile.

Accès Internet, haut débit et localisation

L’environnement général, département et taille de la commune de résidence ou de l’unité urbaine, ne représente pas un facteur déterminant (que ce soit en équipement en ordinateur ou en accès Internet). Cependant on constate que les habitants des Côtes d’Armor et/ou des communes de moins de 5000 habitants sont légèrement moins équipés ou tout simplement moins technophiles peut-être. Au contraire, les habitants des grandes agglomérations et communes de taille plus importante tirent la moyenne régionale vers le haut.

Il est intéressant de noter que la part de haut débit reste équivalente quel que soit le département, par contre elle augmente avec la taille de la commune. Plus un foyer est installé dans une commune comportant de nombreux habitants, plus ce foyer aura tendance à s’équiper en haut débit plutôt qu’en connexion non permanente. Ce foyer ne rencontrera sûrement aucune contrainte technique d’accès à l’ADSL alors qu’on sait qu’il reste encore une toute petite minorité de zones blanches ou non desservies. 36% des foyers connectés via un modem classique déclarent qu’il n’est pas disponible d’avoir accès à l’ADSL dans leur localité, mais autant jugent le haut débit trop cher et pour 14% l’ordinateur est trop vieux pour le supporter.

La forte pénétration du haut débit et le succès des forfaits

La croissance la plus spectaculaire concerne la progression du taux de connexion au haut débit. 83% des foyers connectés à Internet surfent désormais en haut débit contre 46% fin 2004, ce qui représente plus de 250 000 nouveaux foyers reliés en haut débit. La proportion a crû de 13 points en un an, c’est-à-dire presque aussi vite que les deux années

précédentes.

Evolution d’Internet et du haut débit :

Cette explosion du haut débit va de pair avec le succès des forfaits : 53% des foyers bretons avec Internet, soit un foyer sur quatre, auraient déjà opté pour un forfait couplant Internet et le téléphone et/ou la télévision. Et ces derniers sont satisfaits à 85% de la qualité de la connexion (52% tout à fait d’accord et 33% assez d’accord), à 80% de la qualité du son du téléphone, à 69% de la diffusion des programmes de télévision. 21% des foyers avec Internet auraient déjà une solution de Wi-FI, souvent incluse au niveau du boîtier de connexion ou box, et 72% l’utiliseraient.

Les motivations des bretons pour accéder à Internet à domicile

Comme déjà énoncé dans l’article précédent sur l’équipement des ménages français, c’est avant tout pour des besoins privés, puis pour garder contact avec des proches, éduquer les enfants, les besoins professionnels et enfin seulement pour le téléphone illimité que les ménages se connectent.

Téléphone portable :

71% de foyers bretons équipés en 2006, 73% en 2004. Une variation de 2 points de pourcentage ne peut pas être interprétée comme une chute, nous sommes dans l’intervalle d’incertitude [1]. Rappelons que ces chiffres sont à prendre comme des indicateurs fiables de tendance et non comme une mesure exacte de proportions d’équipés, de non équipés, d’utilisateurs ...

Autant comme nous venons de le voir l’ordinateur et Internet apparaissent comme des marqueurs sociaux, autant le téléphone mobile est un objet démocratique. Le taux d’équipement varie très peu d’une catégorie sociale à l’autre ; les milieux ouvriers par exemple n’étant pas moins équipés que les autres. Sur ce point, le téléphone mobile demeure donc un des premiers équipements d’accès aux TIC, avant l’ordinateur mais derrière la télévision. Le GSM traverse aussi toutes les générations, même si les plus âgés sont moins bien équipés : 44% pour les foyers dont le chef de famille est âgé de 60 ans et plus. Tous les revenus sont impactés. Le taux d’équipement est, par exemple, de 47% pour la tranche de revenus de moins de 1000 euros nets par mois. Rappelons qu’il y a même un effet substitution du téléphone portable à la ligne fixe pour certains de ces foyers. Même si il reste quelques zones blanches qui persistent dans certaines localités bretonnes, la zone de diffusion du téléphone portable couvre la majorité du territoire breton. La zone rurale atteint ainsi un taux d’équipement de 66% .

Enfin, rappelons que ce taux d’équipement exprime le taux de foyers possédant au moins un téléphone portable. Or, pour certains il existe un seul téléphone et partagé (ou non), tandis que pour

d’autres plusieurs téléphones cohabitent. Ainsi, dans un peu plus d’un foyer sur quatre (28%) avec enfant(s) de 11 à 14 ans, le ou les enfants du foyer de cette tranche d’âge sont déjà équipés. Les 15-17 ans, seraient eux aussi équipés que leurs parents : dans 72% des foyers avec enfant(s) de 15 à 17 ans, le ou les enfants (de cette tranche) ont leur propre téléphone portable.

Autant le téléphone fixe peut facilement constituer un équipement familial pouvant être mis en commun entre différentes personnes partageant un même foyer, autant le téléphone mobile est conçu pour un usage personnel. D’autant plus que ses utilisateurs le jugent souvent comme indispensable en minorant même ses aspects contraignants pour finalement majoritairement entretenir un lien affectif avec cet objet, lien que nous mettrons en évidence dans l’article à venir sur les usages.

Notes

[1La méthode de calcul scientifique donne une marge d’erreur de 2% au seuil de confiance de 95% pour un échantillon de cette taille (2000) et cette répartition des réponses. Il y a donc 5% de risques de se tromper de + ou - 2%.


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